Titre alternatif :
Ten no Chasuke Écrit et réalisé par SABU
Avec: Kenichi
Matsuyama, Ito Ono, Ren Osugi, Susumu Terajima
Japon, Onirique,
drame, romance, 1heure 46', juin 2015
Nos vies sont
rédigées par des scénaristes de l'au-delà. Chasuke y est
serveur de thé.
Entre deux tasses,
il suit les aventures imaginées par ces scénaristes, leur
donnant parfois conseil. Il s'intéresse plus particulièrement à
Yuri, une jeune femme muette. Lorsqu'il découvre que la vie de
Yuri est menacée,
il se rend sur Terre
pour modifier ce tragique dessein. .
.
MON AVIS
L'ange qui vient
protéger un être cher, histoire mainte fois traitée avec plus ou
moins de bonheur
Avec Chasuke's
Journey , c'est plus (sans le moins) de bonheur
Sabu nous offre un
film déroutant et qui ne laisse pas indiffèrent
Avertissement :
Je le déconseillerais a un jeune public et aux personnes sensibles
car il comporte
quelques séquences de violence en décalage avec le coté « ange »
de l'affiche
Passé cette
info,c'est :
Une mise en scène
parfaite en rythme
Dont quelques
superbes plans d'action au milieu de fêtes traditionnelles
Une palette de
personnages aux lourds passés, décalés, loufoques, tendres
Une réflexion sur
l'immortalité et les bienfaits des miracles
Et, l'ange « Chas »
dans tout ça ?
Vous en parler,
dévoilerait une partie de l'intrigue et, vous ne seriez pas content
Depuis l'attaque de Pearl
Harbor, la guerre fait rage dans le Pacifique
entre l'armée japonaise
et les troupes américaines.
Face à l'avancée
inexorable des forces alliées, le jeune pilote Kyuzo Miyabe
est contraint de rejoindre
les unités d'attaque spéciales: les Kamikazes. Leur mission:
détruire la flotte ennemie, quel qu'en soit le prix.
A bord de leurs
redoutables Zéros, l'heure est venue de livrer l'ultime assaut...
Synopsis réel
Kentaro, un jeune étudiant
et sa soeur aînée Keiko
se décident à faire des
recherches sur leur grand-père Kyuzo Miyabe,
tué alors qu’il était
dans les Forces Spéciales lors de la seconde guerre mondiale. Leur
grand-père Kyuzo Miyabe était terrifié par la mort et obsédé par
la vie.
Pourquoi a-t-il rejoint
les forces spéciales ?
Selon ses compatriotes,
des soldats marines, Kyuzo Miyabe était un génie et aussi un lâche.
Kentaro et Keiko
découvrent alors la vérité qui est restée scellée
pendant 60 ans. .
Mon AVIS
Si vous avez vu et aimé
"lettres d'Iwojima"
Vous aller adorer "The
Eternal Zero"
Si je m'étais arrêté au
synopsis d'Allociné, j'aurais continué mon chemin
Mais étant curieux de
nature, je suis aller fouiller + loin
Le synopsis réel m'a
vraiment motivé et, j’espère vous donner l'envie de visionner ce
film
Bien que cela soi une
fiction la réalité historique est présente tout le long de
l'histoire
"The Eternal Zero"
est un film grandiose
Une reconstitution des
scénes de combats aux effets spéciaux époustouflants
Captivantes les recherches
de Kentaro et Keiko
Une immersion permanente
dans les émotions au fur et a mesure que le voile se lève
Tous ces anciens pilotes
qui iront au delà de leurs traumatismes
pour raconter leurs
histoires sans fards et tout en pudeur
De nombreux retours en
arrières s'insèrent avec intelligence sans faire perdre le fil,
Un film réflexion sur
l'engagement de ces hommes pris dans la tourmente
Un film réflexion sur la
différence entre le nationalise et l'extrémisme
Un autre regard sur ces
pilotes qui étaient autre chose que cette image de "Kamikaze"
Les puristes reprocheront
un excès "d'eau de rose" coté sentimental
Les fleurs bleues y
trouveront une raison supplémentaire d'aimer l'histoire dans
l'histoire
Il
est toujours trop tôt pour faire ce genre de raccourci (ou trop
simple), mais dans la carrière de Tetsuya Nakashima, il y a
peut-être eu un avant et après Confessions.
Pas
tant à cause du succès inattendu et fou de ce film tout aussi dingo
(des salles nippones bondées jusqu'à une présence dans la
shortlist des nommés aux Oscars),
mais
plutôt parce l'appétit du réalisateur pour l'hystérie colorée,
kawaï et bondissante s'y trouvait teintée d'une noirceur
inattendue.
Les
changements de registres, de rythme et autres tours de grand huit ne
faisaient qu'y mettre en avant l'angoisse amère des personnages.
Amère,
c'est un euphémisme qui pourrait tenter de décrire la descente aux
enfers des personnages de The World of Kanako.
Une
nouvelle nuance de noir encore plus foncé serait utile pour rendre
justice à un récit qui, sur le papier,
rappelle
le nihilisme jusqu'au-boutiste de certains polars coréens.
Mais
sur le papier uniquement, car grâce à la Nakashima's touch,
The
World of Kanako ne ressemble jamais à un thriller classique et ne
ressemble d'ailleurs à rien d'autre qu'à lui-même.
C'est
un ouragan.
Montage ultra-saccadé, couleurs chatoyantes,
changement de registres brutaux (mais habiles), recours presque
subliminaux à l'animation, structure en flashback...
ces
effets pourraient paraitre gratuits mais forgent au contraire un
ensemble cohérent et particulièrement dense, un remous permanent
qui parfois épuise mais le plus souvent fascine.
Tout
ceci serait sans doute stérile si, dès la citation placée en
exergue, Nakashima ne plaçait pas son film dans l'héritage
inattendu du surréalisme.
De
Cocteau à Lewis Carroll, on a beaucoup théorisé sur les symboles
et métaphores autour des psychotropes dans l'oeuvre des
surréalistes.
Il
est effectivement question de drogues dans The World of Kanako.
Au
sens propre bien sûr, mais aussi de manière plus imagée.
Et
c'est sur ce terrain-là que Nakashima se singularise le plus.
En
prenant suffisamment au sérieux la propre folie qu'il peut injecter
dans ce récit en le distordant,
il
témoigne d'une confiance enthousiasmante dans la technique du médium
cinéma.
Voilà
un cinéaste qui n'a pas peur del'image, qui n'a pas peur du montage,
et
qui parvient à garder le cap sans jamais se laisser piéger par sa
propre fantaisie.
Comme la Laura Palmer de Twin Peaks,
l'héroïne éponyme dévoile au fil de l'enquête un visage bien
plus sombre que prévu.
Au
point d'entraîner chacun dans sa chute hallucinée.
Tous
ceux qui vont croiser son chemin vont faire l'expérience d'une
fascination presque surhumaine, qui les laissera littéralement
détruits.
Il
y a effectivement quelque chose de la chute infinie d'Alice dans son
trou de lapin, dans le parcours de Kanako et des autres.
Pour
tous, c'est comme si la chute de plus en plus profonde dans la psyché
de Kanako,
le
manque progressif d'oxygène et de discernement, venaient dilater le
réel.
Jusqu'à
flirter avec le fantastique, lors d'une séquence où la quête
virerait presque à la chasse au démon mythique.
L'expérience
n'est pas loin d'être la même pour le spectateur, hypnotisé mais
aussi parfois privé de respiration par
un film qui prend à la gorge et ne connaît pas répit.
The
World of Kanako peut paraitre anxiogène, mais c'est surtout un chef
d'oeuvre flamboyant.