Il
est toujours trop tôt pour faire ce genre de raccourci (ou trop
simple), mais dans la carrière de Tetsuya Nakashima, il y a
peut-être eu un avant et après Confessions.
Pas
tant à cause du succès inattendu et fou de ce film tout aussi dingo
(des salles nippones bondées jusqu'à une présence dans la
shortlist des nommés aux Oscars),
mais
plutôt parce l'appétit du réalisateur pour l'hystérie colorée,
kawaï et bondissante s'y trouvait teintée d'une noirceur
inattendue.
Les
changements de registres, de rythme et autres tours de grand huit ne
faisaient qu'y mettre en avant l'angoisse amère des personnages.
Amère,
c'est un euphémisme qui pourrait tenter de décrire la descente aux
enfers des personnages de The World of Kanako.
Une
nouvelle nuance de noir encore plus foncé serait utile pour rendre
justice à un récit qui, sur le papier,
rappelle
le nihilisme jusqu'au-boutiste de certains polars coréens.
Mais
sur le papier uniquement, car grâce à la Nakashima's touch,
The
World of Kanako ne ressemble jamais à un thriller classique et ne
ressemble d'ailleurs à rien d'autre qu'à lui-même.
C'est
un ouragan.
Montage ultra-saccadé, couleurs chatoyantes,
changement de registres brutaux (mais habiles), recours presque
subliminaux à l'animation, structure en flashback...
ces
effets pourraient paraitre gratuits mais forgent au contraire un
ensemble cohérent et particulièrement dense, un remous permanent
qui parfois épuise mais le plus souvent fascine.
Tout
ceci serait sans doute stérile si, dès la citation placée en
exergue, Nakashima ne plaçait pas son film dans l'héritage
inattendu du surréalisme.
De
Cocteau à Lewis Carroll, on a beaucoup théorisé sur les symboles
et métaphores autour des psychotropes dans l'oeuvre des
surréalistes.
Il
est effectivement question de drogues dans The World of Kanako.
Au
sens propre bien sûr, mais aussi de manière plus imagée.
Et
c'est sur ce terrain-là que Nakashima se singularise le plus.
En
prenant suffisamment au sérieux la propre folie qu'il peut injecter
dans ce récit en le distordant,
il
témoigne d'une confiance enthousiasmante dans la technique du médium
cinéma.
Voilà
un cinéaste qui n'a pas peur del'image, qui n'a pas peur du montage,
et
qui parvient à garder le cap sans jamais se laisser piéger par sa
propre fantaisie.
Comme la Laura Palmer de Twin Peaks,
l'héroïne éponyme dévoile au fil de l'enquête un visage bien
plus sombre que prévu.
Au
point d'entraîner chacun dans sa chute hallucinée.
Tous
ceux qui vont croiser son chemin vont faire l'expérience d'une
fascination presque surhumaine, qui les laissera littéralement
détruits.
Il
y a effectivement quelque chose de la chute infinie d'Alice dans son
trou de lapin, dans le parcours de Kanako et des autres.
Pour
tous, c'est comme si la chute de plus en plus profonde dans la psyché
de Kanako,
le
manque progressif d'oxygène et de discernement, venaient dilater le
réel.
Jusqu'à
flirter avec le fantastique, lors d'une séquence où la quête
virerait presque à la chasse au démon mythique.
L'expérience
n'est pas loin d'être la même pour le spectateur, hypnotisé mais
aussi parfois privé de respiration par
un film qui prend à la gorge et ne connaît pas répit.
The
World of Kanako peut paraitre anxiogène, mais c'est surtout un chef
d'oeuvre flamboyant.
Réalisateur: Kim Sung-Hong, Acteurs: Kim Chang-Wan, Bae So-Eun,
Seo Geun-Woo
Corée du sud,Thriller, 97 mins, 2012
Choi In Bum est un
brillant chirurgien esthétique.
Heureux en ménage comme dans son travail, il s'emploie à
toujours être le meilleur.
Mais après avoir surpris son épouse en pleins ébats avec son
amant, il disjoncte et perd pied...
Mon AVIS
Avec "Doctor" Kim Sung-Hong ne fait pas dans la
demi-mesure d'ou:
Déconseillé aux moins de 18 ans et aux personnes sensibles
Un demarrage qui semble caricatural mais qui aura toute sa raison
d'être dans la derniere partie
Un scenario qui tient en haleine,
Un BBQ machiavelique,
Une belle exploration de la folie....
De quoi faire reflechir avant de batifoler avec la femme d'un
chirurgien esthetique
Réalisateur: Park Hoon-Jung, Acteurs: Lee Jeong-jae,
Min-sik Choi, Jeong-min Hwang, Seong-Woong Park
Corée du sud, Policier,
Thriller, 2 heures 15, 2013
Suite au décès du patron de Gold Moon, le plus important
syndicat du crime en Corée du Sud, une bataille de succession fait rage entre
Jung Chung, le numéro 2 au sein de l’organisation, et Lee Joong-gu, le numéro
3.
Afin de surveiller et de contrôler cette transition, la police met en place
l’opération “New World”.
MON AVIS
Un casting haut de gamme
Une mise en scène rigoureuse dans le style Infernal Affairs,
flics, gangsters, succession difficile.
Mais qui commence comme un classique coréen avec ses travers :
Personnages hystériques, insultes, violence et scène de
pluie nocturne.
Je me suis dit : 135’ ça va faire long.
Et bien j’avoue que je n’ai pas pu le lâcher, plus on avance
plus cela devient complexe et difficile à suivre :
Qui est qui et, qui fait quoi et, un final qui fait de New
World certainement un des meilleurs films 2013.
Réalisateur: Johnnie To, avec Louis Koo, Sun Honglei,
Crystal Huang, Lam Suet, Gan Ting-ting, Michelle Ye
Chine, Action, Policier, 107 minutes, 2012
Un homme originaire de Hong Kong vient d’être admis à
l’hôpital à la suite d’un accident de voiture. L'enquête menée par le capitaine
Zhang Lei et son équipe permet de découvrir que l'homme est Timmy Choi, un
trafiquant de drogue.
Pour se sauver de la peine de mort, il promet d'aider
Zhang à faire tomber le cartel de la drogue pour laquelle il travaille...
MON AVIS
S’il y a bien un film qui mérite la qualification « guerre »
c’est bien celui-ci et,
Ayant eu l’occasion de visionner des vidéos de la police
chinoise en situations réelles,
Johnnie To est tout à fait dans le ton.
Réalisateur:
Seung-wan Ryoo, Acteurs: Ha Jeong Woo, Han Seok Kyu, Ryo Seung Beom, Jeon Ji
Hyeon
Corée du sud, Espionnage, Action,
Thriller, 2 heures, 2013
Un agent nord-coréen à Berlin est trahi et abandonné au
milieu d'une intrigue d'espionnage financier. Avec sa conjointe, une traductrice à l'ambassade
sud-coréenne à Berlin,I ls essaient d'échapper à la Corée du Nord et du Sud qui les
poursuivent sans relâche, avec l’intention de les éliminer.
MON AVIS
The Berlin File est un film extrêmement abouti,
Il renvoi
les dernières réalisations US dans la cour de récréation.
Une histoire qui tient plus que la route.
Des comédiens au top ainsi que la photographie et les
cadrages.
Une première partie qui semble molle mais pour mieux nous
projeter dans une action sur vitaminée.
The Berlin File est un film que l’on ne lâche pas en route.
Cerise sur le gâteau : Une fin qui laisse deviner une
suite sur le thème de la vengeance,
Quand on connait la maitrise de ce sujet par le cinéma coréen…..
Li Hui a immigré de la Chine vers la Thaïlande à la recherche d'une vie meilleure, mais n'y a pas réussi. Dès le moment où Li Hui arrive, il est traité avec le mépris le plus total. Après des complications, incluant un court séjour en prison, Li Hui se trouve un travail comme abatteur de poulet. Son travail brutal lui fait resurgir des souvenirs de son service militaire déshumanisant pendant la guerre Sino-Japonaise. Il doit aussi endurer les abus des enfants et de la femme de son employeur et des autres membres de cette communauté au mauvais caractère. Partout où il va, Li Hui fait face à de l'abus physique et psychologique, les corps d'enfants morts commencent à s'empiler. Devenu complètement déséquilibré, Li Hui s'est transformé en tueur d'enfants, et croit qu'il doit manger leurs cœurs et leurs foies pour contenir sa tuberculose avancée.
Mon avis
Connaissant le penchant Thaïlandais pour le gore et, vu le sujet, j’ai longtemps hésité à visionner Zee-Oui.
Et bien je dois dire que mes craintes étaient totalement infondées car Zee-Oui est un des films Thaïlandais les plus aboutis qu’il m’a été donné de voir.
Zee-Oui est un film terrifiant car l'histoire est tirée de faits réels, qui se sont déroulés dans les années 50.
C’est aussi un film éprouvant à plusieurs niveaux,
D’une part, les images sans concessions mais aussi sans effets faciles, certainement proches des actions dans la réalité sont difficiles à soutenir.
Et ou réside le tour de force des metteurs en scène est de ne pas avoir depeint Zee-Oui comme un monstre sanguinaire avide de chair d’enfants, mais d’expliquer le mécanisme de blessures assassines qui peuvent emmener un être humain à une forme de folie.
La scène ou la petite fille offre une fleur à Zee-Oui en est le pivot.
Et l’on arrive à avoir une forme de compassion pour Zee-Oui, tout comme l’a eu la journaliste Thaïlandaise (voir capture d’écran) qui l’a connu et à suivit l’affaire (vous en dire plus dévoilerait l’intrigue)
L’interprétation de Duan Yihong dans le role de Zee-Oui est hallucinante dans ce voyage au bout de la folie.
Des acteurs au top, des décors naturels et d’époque superbes, la vie de tous les jours dépeinte avec exactitude, une action sans temps morts, une photographie lumineuse, font de Zee-Oui un must pour les amateurs de noir, car même dans les derniers secondes…..mais je n’en dirais pas plus.
ATTENTION , La bande annonce est déconseillée aux enfants et, personnes sensibles.
Zee-Oui, Si Ouey , à tort romanisée de Si Quey,
à été le premier tueur en série dans l'histoire moderne de la Thaïlande
Il a été condamné et a été exécuté le 16/09/1959,
son corps momifié est exposé au Musée Siriraj section de médecine légale à Bangkok,
Réalisateur : Wong Ching-Po, Avec Juno Mak, Sola Aoi, Lau Wing, Chin Siu-Ho, Tony Ho
Hong Kong , Thriller, Action, 1 heure 31', 2010
Deux crimes atroces viennent d'avoir lieu : deux femmes enceintes ont été éventrées et leurs foetus prélevés. Un sentiment de peur règne sur la ville et la panique s'empare de la population. Les enquêteurs découvrent avec horreur que ces femmes étaient les épouses de deux collègues à eux...
MON AVIS
Revenge A. Love Story est AMHA un film qui revisite le thème de la vengeance;
exercice difficile dans ce registre où les Coréens sont passés maîtres.
Malgré des scènes très difficiles à soutenir par moments;
il dégage une très belle et grande histoire d'amour poussée jusqu'à l'abnégation;
le jeu de scène de Juno Mak et hallucinant tant ses expressions font passer toutes ses émotions de personnage à la fois rustre et en même temps doté d'un 6° sens hors du commun.
Le reste du casting est irréprochable ainsi que la mise en scène et la photographie.
Cerise sur le gâteau: une fin qui vous appartient.
Réalisé par Kim Hyeong-joon, Avec Seol Gyeong-Gu, Ryu Seung-Beom, Han Hye-Jin
Corée du Sud, Thriller, 2010, 2 heures 03’
Le corps découpé d’une jeune femme est retrouvé près d’un estuaire. Une jeune flic à peine sortie de l’Académie assiste les inspecteurs sur l’enquête, tout heureuse de pouvoir côtoyer un de ses anciens professeurs, le docteur Kang, médecin légiste célèbre. Ce dernier se trouve plongé au cœur de l’enquête lorsqu’il va découvrir que le tueur, Sung, tient sa fille en otage et menace de la supprimer s’il ne l’aide pas à échapper à la justice...
MON AVIS
Je l’ai déjà dis, pour moi le cinéma Coréen est passé maître dans le thème de la vengeance.
Avec "NO Merci" c’est un tableau de plus à rajouter, un triller qui tient en haleine non stop, âmes sensibles s’abstenir, quelques scènes d’autopsie assez réalistes et une fin……
Un ancien ami de la fac vous contacte après de longues années pour vous inviter à une partie de pêche. Le jour de votre rencontre, il vous paye un McDo et propose de le manger vite fait dans sa voiture. Juste en arrière de vous, sur le boulevard principal, il y a le cortège du premier ministre qui passe, et qui d'un coup, est l'objet d'un attentat. Et là, votre ami vous annonce calmement alors que vous êtes entrain de manger: « Tu viens de tuer le premier ministre... »
MON AVIS
Un de mes meilleurs films 2010
Un scénario on ne peut plus original des personnages atypiques,
Une histoire machiavélique menée à un rythme qui semble lent, fausse apparence, car au final ne nous laisse pas une seconde de répit.
Réalisé par Kim Ji-Woon, Avec Lee Byung-Hun, Choi Min-Sik, Choi Moo-Sung
Corée du Sud, Thriller, 2010, 2 heures 30
Une jeune femme est garée au bord de la route. Elle a un pneu crevé. Elle parle avec son mari en attendant la dépanneuse. Un van passe par la, un homme sort et lui propose son aide. Elle refuse gentiment, mais celui-ci ne part pas. Il défonce son parebrise et la violente. Il l'emmène avec lui...
Note : Film interdit aux -18 ans en Corée du Sud. MON AVIS
Un thriller époustouflant !
Les S. Coréens nous on habitué à l’art de la vengeance, mais dans le cas présent le sujet prend une dimension supplémentaire.
Un face à face éprouvant pour le spectateur, un face à face qui nous emmène aux frontières de la folie dans une violence assez difficile à supportée pour les âmes sensibles.
Les puristes trouveront quelques faiblesses dans le scénario, AMHA largement compensées par l’action.
Un film de Kongkiat Komesiri avec Chatchai Plengpanich, Sonthaya Chitmanee, Thaïlande, Thriller, (2010 pour la France)
Un serial killer laisse derrière lui des cadavres soigneusement découpés en petits morceaux. La police n’ayant aucune piste, lorsque l’une des victimes s’avère être le fils d’un homme politique influent, le mot d’ordre des autorités est d’arrêter le criminel à tout prix, elles font appel à Tai, un ancien tueur à gages qui purge une peine de prison.
MON AVIS
KHOMSIRI Kongkiat (Muay Thai Chaîya, Boxers) Nous livre là une bombe et, hisse le cinéma Thaïlandais au niveau des meilleures productions Asiatiques.
La violence morale et physique dans la lignée d’"A Bloody Aria", "The Chaser", "Old Boy" ou "Mémoires de meurtres", avec une sensibilité concernant les motivations du tueur identique à "Princesse Aurora".
La fin sera moins crédible pour des spectateurs ne connaissant pas profondément la culture Thaïlandaise.
La Bande annonce comporte des scènes pouvant heurter les âmes sensibles
MAJ le 04/02/2011:
....édition 2010 des Thailand National Film Awards, où il a été nominé dans quatorze catégories sur seize. Trois prix « seulement » l’ont récompensé ; ce qui reste suffisant pour entériner la démarche, polymorphe et radicale, de Kongkiat Komesiri. La suite surhttp://www.sancho-asia.com/articles/slice
Film sud-coréen. Genre : Action, Policier 2007 Titre original : Chugyeogja,Interdit aux moins de 12 ans.
Joong-ho, ancien flic devenu proxénète, reprend du service lorsqu'il se rend compte que ses filles disparaissent les unes après les autres. Très vite, il réalise qu'elles avaient toutes rencontré le même client, identifié par les derniers chiffres de son numéro de portable. Joong-ho se lance alors dans une chasse à l'homme, persuadé qu'il peut encore sauver Mi-jin, la dernière victime du tueur.
MON AVIS
Un thriller qui commence par la fin,
Un thriller qui vous ne vous laisse pas une seconde de répit,
Film sud-coréen. Genre : Policier Durée : 1h 46min. Année de production : 2005. Titre original :Orora gongju
Une femme est retrouvée morte dans un centre commercial. Deux jours plus tard, un autre meurtre est commis. La police retrouve sur les lieux du crime une seule pièce à conviction : un autocollant du personnage du dessin animé Princesse Aurora...
MON AVIS
Un scenario classique,
Ce qui l’est moins c’est que lorsque l’on arrive au mot FIN, on en sort pas indemne,
Un professeur de musique et son élève rentrent en voiture d’une audition en province. Sur le chemin, ils se font arrêter par un policier pour avoir griller un feu rouge, puis après l’avoir provoquer, vont se cacher près d’une rivière en attendant. Là, le professeur tente de violer son élève qui s’enfuie. Trois personnes arrivent alors et menacent le professeur. La fille, qui trouve quelqu’un pour l’emmener à la gare, se voit ramenée là où elle a quitté le professeur.
S’il y a une chose que A Bloody Aria a bien mérité, c’est sa recommandation aux adultes : psychologiquement et visuellement, c’est, autant pour le cinéma coréen dans lequel il fait vraiment figure d’outsider, qu’au niveau mondial où il s’installe aux côtés des films les plus vicieux de ces dernières années, une œuvre brutale, abusive, remarquable dans sa simplicité et la noirceur de son étude tourmentée des conséquences de railleries juvéniles.